NAPPY «Femmes noires et cheveux crépus : pourquoi tant de haine ?»

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NAPPY «Femmes noires et cheveux crépus : pourquoi tant de haine ?»

Chaque mois, au Centquatre, à Paris, la journaliste et militante Rokhaya Diallo anime une après-midi autour d’une thématique d’actualité. Samedi 10 décembre, la conversation portait  sur la chevelure des femmes noires. Dans cet après-midi intitulée «Femmes noires et cheveux crépus : pourquoi tant de haine ?» on a vu un documentaire de 56 minutes, Kickin’ it with the Kinks, de Cynthia Butare, une réalisatrice née en Suisse d’origine rwandaise, qui a profité de ses études en Grande-Bretagne pour interroger de jeunes Britanniques d’ascendance africaine autour de cette question.

Il va de soi que la maîtrise de l’apparence de sa propre chevelure est un vecteur d’émancipation des femmes noires, face à une norme coloniale qui leur a longtemps imposé de lisser, éclaircir, ranger leurs cheveux sous des carrés bien lisses, jusqu’à provoquer chez elles certaines souffrances physiques bien réelles – les produits éclaircissants peuvent attaquer le cuir chevelu, les fers à lisser le cramer. Car les enjeux qui entourent une chevelure sont bien plus grands qu’on ne pense. «Les cheveux sont des cheveux – cependant ils portent sur des questions plus larges : l’acceptation de soi, l’insécurité, et ce que le monde considère comme beau. Pour de nombreuses femmes noires, l’idée de porter leurs cheveux au naturel leur est insupportable», écrivait la romancière nigériane Chimamanda Ngozi Adichie dans The Guardian, en 2013.

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Dans la préface de son ouvrage Afro ! (Les Arènes, 2015), belle série de portraits de Français d’ascendance africaine qui racontent leur relation complexe à une chevelure qu’ils portent aujourd’hui au naturel, Rokhaya Diallo relate cette anecdote : en 2013, elle réalisait, aux Etats-Unis, un documentaire où elle suivait de jeunes Afro-Américains en pleine découverte de la France. Elle raconte que ses interlocuteurs furent d’abord surpris de découvrir une politique française de premier plan, Christiane Taubira, porter des tresses. Et l’une d’entre elle dit à la journaliste qui l’interrogeait : «Tu imagines Michelle Obama avec une afro ?».

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Dans le même temps, le mouvement nappy, qui prône un retour au naturel et recommande aux femmes comme aux hommes de se coiffer comme ils le veulent, suscite un grand intérêt, pour des raisons à la fois esthétiques et politiques. Comme le dit la créatrice de la marque de cosmétiques Nappy Queen, Bilguissa Diallo, dans le livre Afro ! : «Ce n’est pas un hasard si le mouvement nappy émerge maintenant. Si on considère le contexte politique, cela intervient exactement à la période où nous, jeunes Noirs, cessons de demander la permission d’être là».

Femmes noires et cheveux crépus : pourquoi tant de haine ? Projection débat au Centquatre, 5 rue Curial, Paris 19, le 10 décembre à 14h30. Débat animé par Rokhaya Diallo, avec la réalisatrice Cynthia Butare, et Aline Tacite, fondatrice de l’association Boucles d’Ebène. Billetterie au 01 53 35 50 00.

Article original tiré de Libération: http://www.liberation.fr/france/2016/12/11/femmes-noires-et-cheveux-crepus-pourquoi-tant-de-haine_1533711

Un grand Merci à Libération et Rokhaya Diallo.

L’équipe Nappy Queen.